ESPOSIZIONE

Fotografia

VERNISSAGE
SABATO
9 NOVEMBRE 2019
ORE 17:00

CANVETTO LUGANESE
SPAZIO RISTORANTE

via R. Simen 14b
6900 Lugano

dal 5 novembre 2019 al 25 gennaio 2020

martedì–sabato 8.30–24.00

apertura straordinaria
25 dicembre 2019

chiuso
dal 26 dicembre 2019
al 6 gennaio 2020

L’evento è stato introdotto da Alexandre Vogel, geologo presso il Canton Vallese.

Béatrice Devènes

Nata a Sion nel 1967, Béatrice Devènes già presto sui banchi di scuola si annoia e sogna una sola cosa: “scrivere con la luce”.

Nel 1989 ottiene il suo diploma dalla sezione di fotografia della scuola superiore di arti applicate di Vevey.

Inizia a collaborare come fotografa indipendente con quotidiani e riviste ma anche con l’agenzia Reuters.

Nel 1995 viene assunta presso il Tages-Anzeiger a Zurigo dove partecipa allo sviluppo della redazione fotografica.

Riprende in mano la macchina fotografica nel 2001 per immortalare nella “Berna federale” la scena politica svizzera.

Insieme al fotografo zurighese Dominique Büttner realizza a più riprese, nel 2008 e nel 2014, la foto ufficiale del Consiglio federale. Per i Servizi del Parlamento documenta il lavoro dei deputati e del Consiglio federale come anche le trasferte di delegazioni parlamentari estere in visita in Svizzera. Nel 2012 realizza per i Servizi del Parlamento le fotografie per un libro sul Palazzo federale, del quale conosce ogni angolo.

Ma non si accontenta di osservare la politica federale. Percorre anche la Svizzera in lungo e in largo e nel contempo partecipa alla realizzazione di numerose pubblicazioni (libri, prospetti, rapporti annuali e siti internet) come anche di campagne elettorali.

Assieme alla fotografa Monika Flückiger pubblica un’opera dedicata alla multiculturalità del quartiere bernese di Bümplitz-Betlehem.

Da qualche anno ama salire sulle cime delle alpi puntando il suo sguardo su paesaggi in via di estinzione, i ghiacciai.

Al giorno d’oggi la scomparsa dei ghiacciai è sulla bocca di tutti, ci preoccupa, ci inquieta. Il cambiamento climatico non è più solo un argomento per esperti. Riguarda tutta la società.

Ma non è sempre stato così. Nata in Vallese, Béatrice Devènes i ghiacciai li ha frequentati già in tenera età, senza veramente rendersi conto che un giorno non ci sarebbero più stati. Erano così imponenti, così immutabili, sembravano in effetti ancorati sulle vette per l’eternità.

Nel 2012, nell’ambito di un reportage sul ghiacciaio del Morteratsch, la fotografa percepisce la fragilità di questi giganti di ghiaccio. Qualche anno più tardi avvia un progetto fotografico volto a immortalare questi paesaggi ricchi di contrasti destinati a sparire. Tutti gli esperti traggono ormai le medesime conclusioni, ossia la scomparsa imminente della quasi totalità dei ghiacciai svizzeri.

Présentation Alexandre Vogel pour Béatrice Devènes

Béatrice a de nombreuses qualités. Parmi elles, il en est quatre particulières à sa nature et qui apportent un éclairage sur son rapport au monde et sur son travail.

Elle a tout d’abord une énergie vitale qui lui permet d’être toujours sur le qui-vive, dans une réceptivité totale à son environnement. C’est dans cette énergie qu’elle puise une détermination et un courage sans limite, qui rappellent son passé de sportive de haut niveau et qui l’autorisent à aller toujours partout, jusqu’au bout, mais sans forcer et sans lassitude, quel que soit le milieu qu’elle explore. Cette énergie communicative nous donne l’impression que le monde nous est accessible, que le trajet sera facile : avec elle tout devient possible et intéressant.

Béatrice est instinctive. Cet instinct lui confère un rapport au monde, et à la lumière, immédiat et sûr. Elle a une compréhension instantanée des enjeux qui lui permet de travailler sans entraves esthétiques ou formelles, avec un grand degré de liberté. Son exigence artistique et sa cohérence sont le fruit de sa propre nature, de son travail et de son talent, mais jamais une posture.

Béatrice est humble. Son humilité lui permet de créer un espace libre entre elle et le monde et de ne pas l’entraver avec ses propres projections et ses besoins. Elle n’interpose jamais son interprétation, sa lecture ou ses intentions entre elle et son sujet. En ouvrant cet espace libre devant elle, elle invite son sujet à l’investir pour l’emplir de son essence profonde. Sa réceptivité nous ouvre une fenêtre sur le monde qui a le goût de l’universalité. Cette humilité lui a permis de composer une galerie de portrait politiques émouvante car on a toujours l’impression de voir l’âme de nos politiciens, à nu : le climat instauré par Béatrice ne contraint pas ses sujets à répondre à une injonction particulière ou à prendre une posture ou une attitude en réaction à une attente du photographe. Bien au contraire, ils sont amenés dans cet endroit rare ou le sujet peut, librement, en confiance, se révéler pleinement à sa photographe tel qu’il est.

La quatrième qualité de Béatrice que je souhaitais évoquer, c’est son goût des autres et de la relation humaine. Cette qualité cardinale fait que la rencontre entre elle et la fondation Diamante qui nous accueille ce soir, semble si naturelle et évidente. Sa capacité à se lier transparait dans ses photographies mais elle est là aussi avant le déclic, de l’autre côté, côté viseur et elle ouvre cette possibilité rare d’accomplir des collaborations « à quatre yeux ».

A ce stade, il est temps de dire un mot de nos glaciers. Ca n’est pas si facile pour le géologue que je suis, car je n’en connais pas grand-chose et ce que j’en connais, je l’ai pour l’essentiel appris au cours du mois dernier.

Mais s’il fallait en retenir une seule chose, je dirais que c’est dans la nature des glaciers sur notre terre d’être dans l’impermanence, de s’étendre, de tout recouvrir puis de disparaitre pour revenir ensuite et d’osciller ainsi sans cesse.

D’ici la fin du siècle, nos glaciers alpins auront disparu. Et il faudra être patient pour les voir revenir, dans 50 ou 100’000 ans, peut-être, si nous parvenons à raisonner et maitriser notre impact sur le climat. C’est l’une des conséquences les plus visibles du réchauffement climatique dans notre pays alpin, mais assurément pas la plus grave. Et plutôt que de projeter sur la fin de ces mastodontes alpins des fantasmes de catastrophes inéluctables et d’apocalypse, Béatrice s’en approche doucement pour en contempler la beauté fascinante, exacerbée par la fonte, par l’évaporation et la sublimation. En lien avec leur nature profonde, au fil de la relation étroite et fidèle qu’elle entretient avec eux depuis de nombreuses années, elle en explore la surface avec sérénité pour décrypter les messages cachés qui y affleurent.

Elle y voit la vitesse de l’écoulement de la glace et sa force. La détermination avec laquelle la montagne s’y oppose en vain. Elle perçoit cette lutte perdue d’avance par la roche qui finira phagocytée par le glacier et ce qui en résulte : un mélange aux de glace et de débris minéraux de toutes formes, de toutes tailles, qui réfracte la lumière dans d’infinies nuances. Elle révèle le fascinant recoupement de lignes de force et de tensions, de crevasses, de craquelures et de stries, de cicatrices qui font de la surface de nos glaciers un palimpseste rythmique, une gravure mystérieuse qui nous invite à remonter les siècles pour y découvrir une transposition poétique de notre propre destin. Elle montre enfin le jeu fascinant de la lumière au fil des heures et des saisons. La caresse innocente du soleil à la fin du jour, ignorant tout du tour qui se joue.

Ces photographies nous apaisent. Nous sommes loin de la sidération dans laquelle d’autres cherchent à nous plonger pour mobiliser, en vain, notre capacité à nous émouvoir. Au contraire, les photos de Béatrice, justes et sincères, sans nier ni travestir la réalité, nous donnent la force, le courage et la confiance dont nous aurons besoin pour agir, car c’est peut-être la beauté du monde qui nous sauvera de nous-mêmes en nous montrant le chemin.

Le travail de Béatrice nous ouvre, une nouvelle fois, une fenêtre sur un espace poétique qui devient notre propre espace, et dans lequel nous pouvons nous projeter en toute liberté, chercher notre propre sens à la réalité et formuler les questions auxquelles un jour, peutêtre, nous trouverons des réponses.

Je vous propose de clore avec cette citation de Robert Walser qui évoque cette inestimable immédiateté du rapport à la nature qui est celle de Béatrice :

Die Natur braucht sich nicht anzustrengen, bedeutend zu sein. Sie ist es.
La nature n’a besoin d’aucun effort pour trouver le sens. Elle est le sens.
La natura non ha bisogno di fare uno sforzo per essere significativa. Lo è.

 

Alexandre Vogel

Vernissage
La Stampa

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